Cinéma à l’église : clap 6ème (15 septembre 2017)

« Le ciel attendra », projeté en l’église Saint-Nicolas au Roeulx : quelles utopies notre société propose-t-elle aux jeunes ? Et leur présente-t-on suffisamment l’utopie d’une vie conduite par l’Evangile comme chemin d’existence à concrétiser ?

Pour la 6ème année consécutive, le début de la nouvelle année catéchétique a été marqué par la soirée « Cinéma à l’église ». Toutes les personnes engagées dans la catéchèse avaient été invitées. Le monde de l’Enseignement avait aussi été convié via les Inspecteurs du cours de religion catholique. En début de séance, l’abbé Patrick Willocq, responsable du Service diocésain de la catéchèse et de l’initiation chrétienne, a remercié l’abbé Christian Dubois, doyen principal de Soignies, et son équipe qui avaient accepté d’organiser les aspects concrets de cette rencontre. Et comme les autres années, c’est Nicolas Drugmand qui assurait la projection du film.


Un vide existentiel

Quelques mots à propos de ce film « Le ciel attendra ». Noémie Merlant est la jeune Sonia, 17 ans ; elle vit en apparence une adolescence sans soucis avec ses parents aimants, Catherine (Sandrine Bonnaire) et Samir (Zinedine Soualem) et sa petit sœur épanouie… Elle se prépare pourtant à commettre un attentat lorsque elle est arrêtée brutalement chez elle, provoquant la sidération de ses parents « qui n’ont rien vu venir ».

Commence alors le long processus de « déradicalisation » imposé par la justice mais à l’issue ô combien incertaine… Mélanie, interprétée par Naomi Amarger, a 16 ans ; bonne élève, elle s’adonne à sa passion : le violoncelle. Elle vit seule avec sa mère Sylvie (Clotilde Courau). La mort d’une grand-mère avec qui elle était particulièrement liée révèle des fragilités enfouies, et la jeune fille s’éloigne petit à petit de sa mère… pour finalement tomber sous l’emprise d’un « prince » via Facebook. Mélanie prépare son départ pour la Syrie… Sa mère, avec l’aide de son ex-mari, le père de Mélanie, joué par Yvan Attal, tente d’affronter la terrible réalité…

Dans le dossier pédagogique, la réalisatrice se dit frappée par la « sincérité de l’engagement de certaines jeunes filles embrigadées » dans leur désir de « sauver le monde »… Et Marie-Castille Mention Schaar soutient une hypothèse : et si le djihadisme venait à la fois exploiter la vulnérabilité adolescente et combler le vide existentiel de ceux et celles qui y succombent ? « Le ciel attendra », en tout cas, incarne de façon vibrante et constructive, les inquiétudes de la réalisatrice qui se demande quelle place notre société accorde aux jeunes et à leurs rêves, quelles utopies elle leur propose. Si l’utopie peut se définir comme « la représentation d’une réalité idéale et sans défaut », dans le respect de leur liberté, présente-t-on suffisamment la « réalité idéale et sans défaut », l’utopie donc, d’une vie conduite par l’Evangile comme chemin d’existence à concrétiser à ces jeunes en quête d’un comblement de ce vide existentiel mis en évidence par la réalisatrice ?

A la fin de la projection, comme les autres fois, Mgr Harpigny a donné un commentaire « à chaud » sur ce qu’il a perçu. Un temps de convivialité a terminé la soirée.