Méditation en ce dimanche du Saint-Sacrement – par notre vicaire général, l’abbé Olivier Fröhlich

Bonheur de partager le pain

Il est un geste qui passe souvent inaperçu au cœur de l’eucharistie et que pourtant j’aime particulièrement. Peu avant la communion, le prêtre rompt le pain. Ce geste tout simple, qui pourrait sembler purement pratique, est tellement fascinant… Symbole du partage et de l’amitié qui font vivre.

Il est tant de choses qui s’amenuisent, et parfois nous divisent, quand on les partage, que l’on n’a plus dans les mains une fois qu’on les les a offertes. Et qui provoquent en nous la tentation d’agripper, d’amasser quand vient la peur de manquer. Manquer de pain, manquer d’amour.

Et puis, il y a ce qui se prodigue sans s’épuiser, ce qui se partage et nous enrichit, ce qui croît et grandit quand il est partagé : l’amour et l’amitié, un fou rire, l’écoute et la bienveillance, la vie, … Dieu.

Mon Dieu m’enrichit quand je le partage avec mes amis. Joie de lire l’évangile avec d’autres et d’entendre ce qui résonne dans le cœur de chacun. Bonheur comme prêtre de rompre le pain pour le partager.

Pain partagé, parabole aussi de ce que nous essayons de partager dans notre vie avec celles et ceux qui manquent de pain, d’amour, de confiance ou de sécurité. « Quand j’avais faim, vous m’avez donné à manger… » (Matthieu 25,35)

Rompre le pain évoque encore en moi le corps brisé de Jésus sur la Croix. Discrètement, mais en vérité, on rappelle cette vie donnée librement, ce corps disloqué et meurtri pour aller jusqu’au bout de l’amour. Une vie donnée pour donner la vie.

Quand les pèlerins d’Emmaüs cheminent et partagent avec un inconnu venu les rejoindre, c’est seulement au moment de la « fraction du pain » qu’ils vont le reconnaître (Luc 24,35). On comprend pourquoi ! Un geste discret, mais tellement fécond. A l’image de Dieu dans notre vie.

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